Après un épuisement professionnel : reprendre le travail ne suffit pas à construire un retour durable
Incapacités de longue durée, Réintégration 3.0 et données récentes : que savons-nous réellement des conditions qui permettent à une reprise de tenir ?
3 septembre 2026par
Patricia N'KITA
L’épuisement
professionnel est souvent raconté en trois temps : tenir, s’effondrer,
reprendre. Cette représentation a l’avantage de la simplicité. Elle correspond
beaucoup moins bien à ce que vivent les personnes concernées, et elle laisse
dans l’ombre la seule question qui décide de la suite : dans quelles conditions
un retour peut-il tenir ?
Entre l’arrêt
de travail et une reprise éventuellement durable se trouvent des questions bien
plus complexes que ce découpage ne le suggère: comprendre ce qui a conduit à
l’épuisement, récupérer suffisamment, retrouver une capacité à se projeter,
identifier ce qui peut ou doit changer, distinguer ce qui dépend de soi de ce
qui dépend du travail, retrouver des marges de décision et, parfois, constater
que retourner exactement à la situation antérieure n’est plus une option
souhaitable.
Cette question
individuelle rencontre aujourd’hui en Belgique un enjeu collectif.
Les incapacités
de longue durée continuent d’augmenter, et la dépression et le burnout y
occupent une place importante. Depuis le 1er janvier 2026, les règles relatives
à la réintégration et à la prévention des absences de longue durée ont par
ailleurs été profondément modifiées.
Le retour au
travail intervient donc plus tôt et plus fortement dans le débat public.
Mais retourner au travail et
construire un retour durable ne sont pas exactement le même résultat. C’est
cette distinction qui mérite d’être examinée.
Une augmentation qui ne peut plus être considérée comme
marginale
Les dernières
données consolidées de l’INAMI permettent de mesurer l’ampleur du phénomène.
Entre 2021 et
2025, le nombre de personnes en invalidité en raison d’un trouble mental ou du
comportement a augmenté de 24,8 %. Pour les dépressions et les burnouts,
l’augmentation atteint 32 % sur la même période, dont 5,2 % pour la seule année
2025.
Fin 2025, 38,3
% des personnes en incapacité de travail depuis plus d’un an l’étaient en
raison d’un trouble mental ou du comportement. Parmi celles-ci, 70,4 %
souffraient d’une dépression ou d’un burnout. Au total, la dépression ou le
burnout constitue désormais la cause d’environ un quart des invalidités : sur
plus de 576 000 personnes en incapacité depuis plus d’un an, environ 155 000 le
sont pour cette raison.
L’INAMI relève
également que la majorité de ces personnes se situe dans les tranches d’âge les
plus élevées : 53,2 % ont cinquante ans ou plus.
Ces données
appellent toutefois une première prudence.
Elles ne
signifient pas qu’un quart des travailleurs belges sont en burnout. Elles
concernent les personnes reconnues en invalidité — c’est-à-dire en incapacité
depuis plus d’un an — dans les régimes couverts par les statistiques de
l’INAMI.
Elles ne
permettent pas davantage d’attribuer l’augmentation à une cause unique.
Fragilisation individuelle, intensification du travail, transformations
organisationnelles, meilleure reconnaissance des troubles psychiques,
vieillissement de la population active, relèvement de l’âge légal de la
pension, évolution des diagnostics ou modification des trajectoires
professionnelles peuvent intervenir simultanément.
Un chiffre décrit l’ampleur d’un
phénomène. Il n’en démontre pas, à lui seul, les mécanismes.
Ce que les
données permettent d’affirmer est plus sobre, et suffisant : les incapacités de
longue durée liées aux troubles psychiques, et particulièrement à la dépression
et au burnout, représentent aujourd’hui un enjeu majeur en Belgique.
2026 : la Belgique intervient plus tôt dans l’incapacité
État du
droit au 3 septembre 2026.
La réponse
publique a elle aussi évolué.
L’arrêté royal
du 17 décembre 2025, publié au Moniteur belge le 30 décembre 2025 et
entré en vigueur le 1er janvier 2026, a modifié le code du bien-être au travail
en ce qui concerne la réintégration des travailleurs en incapacité de travail
et la prévention des absences de longue durée. C’est ce dispositif que l’on
désigne communément par "Réintégration 3.0".
Plusieurs
évolutions sont significatives.
Le travailleur
qui risque de tomber en incapacité pour des raisons de santé peut désormais
demander à son employeur d’examiner un aménagement de son poste, un travail
adapté ou un autre travail — donc avant l’arrêt, dans une logique
préventive. L’employeur
doit maintenir le contact avec le travailleur en incapacité, selon une
procédure à inscrire dans le règlement de travail.
Après un mois
d’incapacité, le conseiller en prévention-médecin du travail peut proposer une
conversation au travailleur.
Après huit
semaines d’incapacité, l’employeur doit demander au conseiller en
prévention-médecin du travail — ou à son personnel infirmier — d’estimer le potentiel
de travail du travailleur. Il s’agit d’un concept nouveau, qui désigne la
capacité présumée à exercer un travail adapté ou un autre travail.
Pour les
employeurs occupant vingt travailleurs ou plus, un trajet de réintégration doit
être demandé au plus tard six mois après le début de l’incapacité, pour les
incapacités débutant à partir du 1er janvier 2026.
Le délai
d’attente pour entamer la procédure de force majeure médicale passe par
ailleurs de neuf à six mois, et les échanges d’information entre médecin du
travail, médecin traitant et médecin-conseil de la mutualité transitent
désormais par la plateforme TRIO.
Le changement
de philosophie est perceptible : ne plus attendre que l’incapacité soit
durablement installée avant de s’intéresser au lien avec le travail.
Le législateur
insiste d’ailleurs sur un point : l’objectif n’est pas de vérifier si
l’incapacité est justifiée, mais de préparer le retour.
Cette intervention plus précoce fait
cependant apparaître une autre question, que la procédure ne traite pas : être
en capacité d’envisager un retour ne dit pas encore dans quelles conditions ce
retour peut tenir.
Ce qu’aucun dispositif ne fait à la place de la personne
Un dispositif
de réintégration peut organiser une procédure.
Un médecin peut
apprécier une situation médicale ou fonctionnelle dans le cadre de ses
compétences. Un employeur peut examiner les possibilités de travail adapté ou
d’adaptation du poste. Une mutualité intervient dans le cadre de l’incapacité
et de sa reconnaissance.
Mais aucune de
ces fonctions ne dispense la personne concernée d’un travail plus personnel :
comprendre ce qui lui est arrivé et déterminer ce dont elle a désormais besoin
pour envisager la suite.
La distinction
est essentielle, parce qu’elle recouvre des situations très concrètes.
Une personne
peut avoir retrouvé certaines capacités sans avoir retrouvé confiance.
Elle peut être
capable de reprendre certaines tâches mais ne plus pouvoir soutenir certaines
conditions organisationnelles.
Elle peut
vouloir retrouver son métier, mais pas son ancien fonctionnement.
Elle peut avoir
besoin d’un aménagement sans parvenir à le formuler.
Elle peut
savoir très précisément ce qu’elle ne veut plus, et être encore incapable de
dire ce qu’elle veut.
Elle peut enfin
découvrir que le problème ne résidait pas seulement dans une quantité excessive
de travail, mais dans une combinaison de surcharge, de manque de stimulation,
de perte de sens, de conflit de valeurs, de manque de reconnaissance, d’absence
de marges de décision ou de suradaptation.
La capacité de travailler et la
capacité de construire les conditions d’un travail soutenable sont deux
questions liées, mais différentes.
Reprendre n’est pas nécessairement rester
La recherche
récente invite précisément à ne pas considérer la reprise comme le seul
indicateur pertinent.
Une étude
longitudinale belge, menée à la KU Leuven et publiée en mai 2026 dans le Journal
of Occupational Rehabilitation, a suivi 148 travailleurs ayant repris leur
activité entre avril 2022 et janvier 2024 après une absence liée à un trouble
mental courant — notamment une dépression ou un burnout. Chaque participant a
été suivi pendant douze mois au moyen de cinq questionnaires.
Douze mois
après la reprise initiale, la probabilité estimée d’une nouvelle absence
maladie atteignait 27,9 %.
Ce résultat
doit être interprété correctement.
Il ne signifie
pas que 27,9 % des reprises après burnout échouent. L’étude porte sur un
échantillon déterminé et sur plusieurs troubles mentaux courants. Elle ne
permet pas non plus de conclure qu’une préparation insuffisante serait
responsable des nouvelles absences.
Elle rappelle en revanche une chose
importante : la reprise du travail constitue un événement mesurable ; sa
soutenabilité, elle, se construit dans le temps.
Les chercheurs
ont d’ailleurs étudié deux dimensions distinctes : la récurrence des absences
et la capacité de travail après le retour. Une sévérité plus élevée des
symptômes anxieux et dépressifs au moment de la reprise était associée à un
risque supérieur de nouvelle absence. Une meilleure capacité de travail était
associée, selon les moments de suivi, à des facteurs tels que
l’auto-efficacité, la résilience ou le sentiment de contrôle sur la situation.
Ces résultats
ne fournissent pas une recette.
Ils invitent
plutôt à abandonner une lecture binaire : absent → revenu = problème résolu.
Le travail lui-même ne peut pas disparaître de l’équation
Une autre
prudence s’impose ici, et elle est peut-être la plus importante de cet article.
Préparer la
personne ne doit jamais conduire à considérer que la responsabilité d’un retour
durable repose uniquement sur elle.
Une revue
systématique publiée en 2023 dans Occupational and Environmental Medicine
par une équipe de la KU Leuven et de l’IDEWE a examiné les interventions de
retour au travail destinées spécifiquement aux travailleurs en arrêt pour
burnout. Sur 2 160 références, huit études seulement répondaient aux critères
d’inclusion. Cinq portaient sur des interventions orientées vers la personne,
une sur une intervention orientée vers le milieu de travail, une sur une
combinaison des deux, une sur les trois types comparés entre eux.
Un seul
résultat s’est révélé statistiquement significatif : celui de l’intervention
orientée vers le milieu de travail.
Cette
intervention consistait en une réunion de convergence entre le
travailleur et son supérieur hiérarchique, destinée à identifier ensemble des
solutions facilitant le retour. À dix-huit mois, 89 % du groupe d’intervention
avait repris le travail, contre 73 % du groupe témoin.
Il faut
immédiatement en préciser la portée.
À trente mois,
l’écart ne se maintenait que chez les participants de 45 ans ou moins. Deux
autres études de la même revue intégraient elles aussi un contact avec le
milieu de travail sans parvenir à démontrer de différence. Une revue Cochrane
antérieure ne relevait qu’un niveau de preuve faible concernant l’efficacité
des interventions en milieu de travail sur le retour à l’emploi des personnes
présentant des problèmes de santé mentale. Et les auteurs de la revue de 2023
concluent eux-mêmes que l’hétérogénéité des études et un risque de biais modéré
à élevé empêchent de tirer des conclusions fermes.
Ce résultat ne démontre donc pas
qu’une réunion avec le supérieur hiérarchique fait revenir les gens au travail.
Il signale que, parmi le peu de choses que la recherche a pu mesurer dans ce
champ, la seule qui ait produit un effet significatif se situait du côté du
travail — pas du côté de la personne seule.
Une revue
systématique antérieure des facteurs associés au retour après burnout avait
d’ailleurs identifié, parmi les variables professionnelles, la communication et
le niveau de contrôle au travail.
L’étude belge
de 2026 s’appuie du reste sur un cadre — dit IGLOO — qui distingue cinq niveaux
de ressources déterminant la soutenabilité d’un retour : individuel, collectif,
hiérarchique, organisationnel et sociétal.
Un seul de ces
cinq niveaux relève de la personne.
La conclusion
raisonnable n’est donc pas que l’individu doit apprendre à mieux supporter son
environnement. Elle est presque inverse.
Travailler sur soi sans regarder le
travail expose à individualiser un problème dont une partie se trouve
précisément dans les conditions de travail.
La surcharge ne
se règle pas toujours par une meilleure organisation personnelle.
Un conflit de
valeurs ne disparaît pas avec davantage de résilience.
Une absence
d’autonomie ne devient pas soutenable parce que l’on apprend à respirer.
Et une
organisation pathogène ne devient pas saine parce que le travailleur apprend à
mieux poser ses limites.
Entre le soin et le travail : un espace encore insuffisamment
occupé
Cette
articulation entre santé et travail n’est pas seulement relevée par la
littérature scientifique.
Dans le cadre
de ses travaux sur le stress et le travail, l’INAMI constate lui-même qu’au
sein des soins psychologiques de première ligne, l’attention portée au domaine
du travail et aux problématiques qui y sont liées reste relativement limitée.
Des travaux ont dès lors été menés afin d’examiner comment cette dimension
pourrait être davantage intégrée.
Le constat est
important.
La réponse à
l’épuisement professionnel ne peut être uniquement médicale. Elle ne peut être
uniquement psychologique. Elle ne peut être uniquement organisationnelle. Et
elle ne peut être uniquement administrative.
C’est à
l’articulation de ces dimensions que se joue une partie de la préparation de
l’après.
La personne
doit pouvoir progressivement relier ce qu’elle a vécu, ce qui l’a épuisée, ce
qui continue à lui coûter, ce qui lui apporte des ressources, ses valeurs et
ses besoins professionnels, ses limites, les caractéristiques de son
environnement de travail, les adaptations éventuellement possibles, ses
soutiens, ses craintes face à une reprise, et les options professionnelles qui
restent réellement ouvertes.
Cela ne revient
ni à poser un diagnostic, ni à déterminer une aptitude.
Cela consiste à retrouver
suffisamment de compréhension et de capacité d’action pour pouvoir
participer aux décisions qui concernent sa propre trajectoire professionnelle. De cette question est né un parcours
C’est à partir
de ce constat que nous avons construit, au sein du Pôle Risques psychosociaux
de STOP Violences, un parcours consacré à l’après-épuisement professionnel.
Il s’adresse à
deux publics : les personnes encore en activité qui sentent qu’elles « tiennent
sur la réserve », et les personnes actuellement en incapacité de travail qui
commencent à s’interroger sur la suite.
Aucun
diagnostic de burnout n’est exigé.
La question qui
traverse l’ensemble du parcours est volontairement simple : « Dans quelles conditions puis-je
envisager la suite professionnelle sans reproduire ce qui m’a amené ici ? »
Y répondre
demande davantage qu’une séance d’information. Le parcours a donc été construit
en huit ateliers de trois heures, à raison d’un atelier toutes les deux
semaines sur quatre mois, chaque étape utilisant ce qui a été élaboré dans les
précédentes.
Huit étapes
1. Faire le
point — nommer ce qui m’arrive avec des mots précis. « Je suis épuisé » est
un constat, pas une explication. Cette première étape examine les différentes
dimensions de l’épuisement et trois mécanismes qui peuvent se combiner : la
surcharge, le vide et la perte de sens. L’objectif n’est pas de coller une nouvelle
étiquette, mais de commencer à différencier ce que recouvre un mot devenu très
large. On prépare difficilement la suite d’une situation que l’on ne parvient
pas encore à décrire.
2.
Comprendre — ce n’est pas un défaut de volonté. L’épuisement peut toucher
la concentration, la mémoire, le sommeil, la disponibilité émotionnelle et la
capacité à se projeter. Ne pas comprendre ces changements renforce souvent la
culpabilité. Cette étape apporte des repères sur les mécanismes de stress
prolongé, d’alerte et de récupération, et permet à chacun de construire une
explication de sa situation avec ses propres mots.
3. Retrouver
ce qui compte — valeurs, besoins et moteurs professionnels. Sécurité,
autonomie, compétence, appartenance, entraide, reconnaissance, indépendance :
les moteurs ne sont pas identiques pour tous. L’enjeu n’est pas de décrire un
travail idéal, mais d’identifier l’écart entre ce dont une personne a besoin
pour fonctionner durablement et ce que son environnement lui demande ou lui
permet réellement.
4. Poser ses
limites — identifier, formuler, tenir. Savoir qu’une limite a été franchie
ne signifie pas qu’on saura la défendre en réunion ou face à une demande
urgente. Cette étape distingue ce qui est imposé, ce qui peut être négocié et
ce qui relève d’une préférence, et travaille certains automatismes qui
conduisent à accepter, compenser ou surinvestir. Les participants préparent et
expérimentent des formulations à partir de situations concrètes.
5. Regarder
son travail autrement — ce qui peut changer et ce qui ne le peut pas. Le
travail est ici remis au centre de l’analyse. À partir de cadres issus de la
psychologie du travail et de la prévention des risques psychosociaux, les
participants examinent les exigences, les ressources, la reconnaissance, leurs
intérêts et leurs contraintes. La question devient : qu’est-ce qui doit changer
chez moi, qu’est-ce qui peut changer dans mon travail, et qu’est-ce qui ne
changera probablement pas ?
6. Gérer ses
émotions — comprendre les déclencheurs, réduire le coût des réactions. Il
ne s’agit pas d’apprendre à « ne plus ressentir ». Le travail consiste à
distinguer les faits, les interprétations et les réactions, à identifier
certains déclencheurs et à examiner différentes réponses possibles ainsi que
leur coût. Chaque participant constitue son propre répertoire de stratégies de
régulation.
7.
S’entourer — ne pas demander la même chose à tout le monde. Le soutien peut
être émotionnel, informationnel, pratique ou institutionnel. Une personne peut
avoir besoin d’être écoutée par quelqu’un, conseillée par un autre, accompagnée
dans une démarche précise par un troisième. Cette étape permet de construire sa
carte de soutien et d’apprendre à formuler une demande adaptée à
l’interlocuteur auquel elle s’adresse.
8. Préparer
la suite — transformer la réflexion en conditions et en actions. La
dernière étape rassemble les résultats des sept précédentes. Le cadre belge de
la réintégration et ses différents acteurs sont présentés, afin que chacun
situe mieux les démarches possibles. Puis vient le travail personnel :
qu’est-ce qui est non négociable ? Qu’est-ce qui peut l’être ? À quoi suis-je
prêt à renoncer ? Quelles conditions ai-je besoin de poser ? Quelles craintes
restent présentes ? Quelles sont les prochaines étapes réalistes ? Ce travail
aboutit à un plan à 30, 60 et 90 jours et à un engagement personnel de
prévention.
Et lorsque certaines difficultés sont moins visibles ?
Une neuvième
rencontre, d’une heure trente, est consacrée aux fonctionnements atypiques et à
l’épuisement. Elle est comprise dans le parcours.
Certaines
personnes consacrent en effet une énergie considérable à s’adapter, compenser,
masquer certaines difficultés ou répondre à des environnements peu compatibles
avec leur fonctionnement.
L’objectif
n’est pas de diagnostiquer une neurodivergence. Il est de permettre
d’interroger une autre question : y a-t-il, dans ma manière de fonctionner,
des choses qui me coûtent davantage qu’aux autres sans que cela se voie ?
Lorsque cette
réflexion fait apparaître des interrogations qui justifient une évaluation
spécialisée, les ressources et possibilités d’orientation sont expliquées.
Comprendre ne suffit pas : le parcours doit produire quelque
chose
Une autre
décision a guidé la conception de ce parcours. Nous ne souhaitions pas qu’après
plusieurs mois, les participants repartent avec un classeur d’exercices.
Environ deux
tiers du temps sont consacrés à la situation propre de chaque participant.
Au
fil du parcours, chacun construit un carnet personnel qui reste le sien.
Cinq
productions ont vocation à sortir de ce carnet et à être utilisées dans la vie
réelle : ● Une explication de sa situation, en trois phrases et
dans ses propres mots ; ● Trois formulations préparées pour des conversations
professionnelles difficiles, après les avoir travaillées et expérimentées ; ● Ses conditions de reprise, écrites, afin de pouvoir
être montrées ou discutées avec les personnes qu’il choisira ; ● Un plan personnel à 30, 60 et 90 jours ; ● Un engagement personnel de prévention, comprenant ses
propres signaux d’alerte.
Les résultats
personnels des outils utilisés, la carte de ce qui paraît ajustable ou non, le
répertoire de stratégies de régulation et la carte des soutiens restent
également dans le carnet. Une attestation de participation est délivrée.
Le participant ne devient donc pas
l’objet d’un processus de retour au travail : il construit progressivement
les éléments qui lui permettent d’y prendre part.
Ce que ce parcours n’est pas
Cette frontière
est essentielle, et nous préférons l’énoncer clairement plutôt que de la
laisser deviner.
Le parcours ne
remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un autre professionnel de santé.
Il ne pose aucun diagnostic. Il ne constitue pas une expertise d’aptitude. Il
n’est pas un bilan de compétences. Il ne fournit pas de conseil juridique
individuel. Et il ne garantit ni la reprise du travail, ni sa date, ni son
maintien.
Les instruments
utilisés servent au repérage, à l’objectivation et au dialogue. Ils n’ont pas
de fonction diagnostique.
Les productions
restent la propriété du participant. Elles ne sont communiquées ni à son
employeur, ni à sa mutualité, ni à aucun tiers — y compris lorsque le parcours
est financé par un tiers.
Préparer les conditions d’une reprise
n’est pas décider qu’une reprise doit avoir lieu.
Pourquoi un petit groupe fermé et du présentiel
Le choix est
délibéré.
Certaines
étapes abordent la confiance, les limites, les réactions émotionnelles, des
expériences professionnelles difficiles et la manière dont chacun envisage son
avenir.
Pour cette
première édition, nous avons donc retenu un groupe fermé de six à neuf
personnes et un parcours intégralement en présentiel. Ce format permet le
travail individuel, mais aussi les échanges en binômes et trinômes, les mises
en situation et l’expérimentation de certaines formulations dans un cadre
structuré.
La
confidentialité, le droit de ne pas prendre la parole sur certains éléments et
la propriété personnelle des productions font partie du cadre, et sont posés
dès la première rencontre.
Il ne s’agit
pas de réunir un groupe pendant trois heures pour lui transmettre un contenu.
Il s’agit de construire, sur quatre mois, une progression dans laquelle chaque
rencontre prépare la suivante.
Un entretien
téléphonique d’une dizaine de minutes précède toute inscription. Il permet de
vérifier, dans les deux sens, que le parcours correspond bien au moment où se
trouve la personne.
Changer la question
La Belgique
consacre aujourd’hui beaucoup d’énergie à une question nécessaire : comment
favoriser le retour au travail des personnes en incapacité ?
Les données
disponibles et la recherche invitent à lui en associer une seconde.
Non plus
seulement : « Quand puis-je reprendre ? »
Mais : «
Dans quelles conditions puis-je envisager la suite sans reproduire ce qui m’a
amené ici ? »
Ce déplacement
ne retire rien au rôle du médecin, de l’employeur, du conseiller en
prévention-médecin du travail, de la mutualité ou des dispositifs de
réintégration. Il ne dispense pas davantage les organisations d’examiner ce
qui, chez elles, produit de l’épuisement.
Il redonne simplement une place à
celui ou celle qui devra vivre cette reprise.
Première édition — Annonce
Mieux se connaître pour
choisir un cadre de travail qui tienne
Huit
ateliers après un épuisement professionnel
8 ateliers de 3
heures, un toutes les deux semaines sur quatre mois
+ une 9e
rencontre d’1 h 30 comprise dans le parcours
100 %
présentiel, en Brabant wallon — groupe fermé de 6 à 9 personnes
Deux publics :
les personnes encore en activité qui tiennent sur la réserve, et les personnes
en incapacité qui s’interrogent sur la suite
Aucun
diagnostic de burnout n’est exigé
Les dates,
le lieu exact, l’horaire, la participation financière et la date de clôture des
inscriptions seront publiés sur cette page dans les prochains jours.
Le groupe étant
limité, nous préférons annoncer le parcours maintenant plutôt qu’au moment de
l’ouverture des inscriptions : cela laisse le temps d’y réfléchir, d’en parler
à son médecin ou à ses proches, et de ne pas décider dans l’urgence.
Pour être
prévenu·e dès la publication des modalités, écrivez-nous via le formulaire de contact en
mentionnant « parcours après-épuisement ». Nous vous transmettrons les
informations pratiques dès qu’elles seront disponibles. Aucune inscription
n’est prise à ce stade et aucun engagement n’est demandé.
Un entretien
téléphonique d’une dizaine de minutes précède toute inscription. Il peut être
demandé dès à présent par le même canal, notamment si vous vous demandez si ce
parcours correspond au moment où vous vous trouvez.
Arrêté royal du 17 décembre 2025 modifiant le code du bien-être au
travail en ce qui concerne la réintégration des travailleurs en incapacité de
travail et la prévention des absences de longue durée, M.B., 30 décembre
2025 (entrée en vigueur le 1er janvier 2026).
Deprez, A., Boets, I., Vandenbroeck,
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combien d’invalidités en raison d’une dépression ou d’un burnout ? Quel coût
pour l’assurance indemnités ?
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l’invalidité des travailleurs salariés et chômeurs en 2025, publication du
19 mai 2026.
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CD006955. DOI : 10.1002/14651858.CD006955.pub3.
Cet article propose une synthèse de données
publiques et de connaissances scientifiques. Il ne constitue ni un outil
diagnostique, ni un avis médical, ni un avis juridique individuel. Toute
lecture du cadre réglementaire doit être datée : les dispositions évoquées sont
celles en vigueur à la date de publication.
Vous n’avez pas
besoin d’être certain·e qu’il s’agit d’un épuisement professionnel pour en
parler à quelqu’un.
Votre
médecin généraliste reste le premier interlocuteur en cas de difficultés de
santé.
Votre
médecin-conseil de mutualité et le conseiller en prévention-médecin du
travail de votre entreprise sont les interlocuteurs des questions
d’incapacité et de reprise.